Les Mille et Une Vies

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Trio

Que dire si ce n'est que L'Amoureux est rentré et que Cro-Mignonne et moi avons passé le week-end à savourer le phénomène ?

Qu'il prétend être complètement recalé, et pourtant, il arpentait l'appartement ce matin à des heures dont j'ignorais même qu'elles existaient ?

Et que c'est bon de se retrouver tous les trois, que ce lundi matin est bien cruel de nous expédier les uns au bureau, l'autre à l'école.

M'enfin.

Une semaine chargée s'annonce, elle devrait donc passer vite, et ensuite, nous trois de nouveau !

Humour douteux (2) / d'ascenseur

Je crois en avoir déjà parlé ici, les ascenseurs ont un effet étrange sur moi.

Soit j'y fais la conversation dans un plus pur style "small talk" (le vent étant un sujet de prédilection des conversations d'ascenseur dans ma zone de travail).

Soit je m'y laisse aller à un autre registre d'humour douteux, avec un succès parfois mitigé.

Hier était une particulièrement bonne journée du genre.

Le matin à l'aller, plein de monde (notre ascenseur est devenu omnibus depuis qu'un ministère a tentaculé dans les bureaux de la paroi). Au sixième bouton d'étage qui s'allume, impossible de me retenir, je lâche un suave "et le numéro complémentaire est le..."

Je dois avouer qu'à ma grande surprise, un certain nombre de représentants de la fonction publique ont le même humour douteux que moi, ou alors ils sont très polis : ils ont ri.

Descente dans le parking, je m'engouffre de justesse et salue. Juste avant de s'arrêter, la cabine tremblote et fait un bruit épouvantable en ouvrant ses portes. Pas pu m'en empêcher, au lieu du très courtois "Bonne soirée", j'ai dit "Bonne chance".

Ca a beaucoup ri aussi, principalement ceux qui sont descendus en même temps que moi.

Promis, si l'ascenseur est en panne demain, je mets un mot d'excuses.

(Et à la question "mais quand est-ce qu'elle arrête de dire des counneries, celle-là ?", la réponse est : presque jamais !)

Humour douteux

J'ai un collègue, celui-là même dont je parlais ici, avec lequel nous partageons plusieurs fois par jour un humour douteux.

Parfois aussi subtil, élaboré, à rebonds et tout.

Mais souvent, bas de plafond.

Fréquemment, à connotation sessouelle de base, particulièrement quand la fin de semaine approche (c'est-à-dire : à partir de lundi 10 heures).

Hier il me téléphone pour me demander si je voulais venir fumer une cigarette en son auguste compagnie.

Je lui réponds tout en finissant d'envoyer un mail, et me sentant hésitante, il m'explique qu'il va se faire un café en m'attendant (sous-entendu, ça a l'air long, là).

A quoi je lui rétorque : "nan nan, j'arrive, je remets juste ma culotte".

Le pire c'est que ça nous fait rire.

(Et le plus drôle c'est que ça fait rougir ma nouvelle gentille collègue de bureau, qui ne savait pas si elle devait oser rire ou pas. Mais maintenant elle sait, elle rit).

Nota à l'usage des non avertis : vu la température qui règne dans nos bureaux, il va de soi que personne n'enlève sa culotte POUR DE VRAI au risque de se choper des engelures mal placées. C'était donc juste histoire de dire une connerie, hein !

Des liens familiaux à nommer

L'une des premières choses que j'ai apprises à propos des dénominations hiérarchiques familiales au Vietnam... c'est que c'est le bordel !

Au début ça paraît juste étrange à l'oreille. Parce que c'est en vietnamien. Donc on pourrait parler de Tante Rouge à Lèvres ou de Oncle Salopette, ça serait pareil.

Et puis on vous explique. Du coup ça sonne toujours exotique mais vous êtes pris dans un écheveau de relations qui sont aussi enchevêtrées qu'un Mikado.

Parce que sur le papier, ça a l'air simple. Il y a Tante 1, Tante 2, Tante 3... etc. Par ordre de naissance. Idem pour les oncles.

Mais en vietnamien, les choses sont beaucoup plus subtiles que chez nous. On ne s'en va pas "tutoyer" comme ça des aînés à qui on doit le respect ! il y a des formules qui vont bien par âge, sexe, ville, rang familial...

Sauf qu'en l'état actuel de mes réflexions, je ne sais pas, dans le cadre d'une tante plus jeune que son neveu, par exemple, ce qui prend le pas Le rang de tante ou le droit d'aînesse (Ne rigolez pas, la plus jeune des tantes de L'Amoureux a mon âge, il s'en est fallu de peu pour que le cas se produise POUR DE VRAI !!).

Au fil du temps, il s'avère qu'en dehors de notions de bases, le vietnamien reste une langue totalement absconse et improbable à mes oreilles.

Du coup, en dehors de ce vernis de culture générale qui me permet d'avoir une conversation amusée sur le sujet, well...

Mais quand même, quand je reçois un sms de ma belle-mère pour me dire que les garçons sont avec Tante 4 (sic), ça me fait bien rigoler (sans parler de Tata Crevette, mais ça c'est une autre histoire) !

(PS : bon anniv, belle-maman !)

De petits scoops

Ces derniers jours, j'ai appris plein de micros petites choses sur la vie de Cro-Mignonne à la maternelle !

Et bien oui, forcément, j'y vais !

Ainsi, la maîtresse m'a dit que Cro-Mi était toujours sage, et que les journées avec elles étaient un vrai plaisir.

Mais elle a aussi confirmé qu'il y avait toute une bande de Cro-Mignonne (j'en ai eu deux exemplaires invitées à la maison, mais d'autres sont encore à découvrir !!). Et aussi, que ma fille est, comme je l'avais remarqué par ailleurs, très attirée par l'écrit.

A propos d'écrit, ce matin, elle me faisait remarquer que son prénom sur le porte manteau du centre de loisirs était écrit de travers (en fait, en cursive et non en majuscules, comme elle en a l'habitude).

Je lui ré explique le concept et le directeur du centre passe, amusée.

"Elle est pointilleuse, Cro-Mignonne !"

C'est rien de le dire, il y a des jours où j'aurais appelé ça psychorigide, même !!

Et le voilà de m'expliquer que si à la cantine, elle goûte maintenant à tout, est plutôt une picoreuse sauf quand ça lui plaît beaucoup, dans tous les cas, il a droit à la chronique en long et en large du menu.

"Et ça ça ne me plaît pas mais je goûte, et ça ça me plaît, et les becraves j'en ai déjà mangé à la maison, etc".

Vu le débit de paroles de ma fille, je n'en suis pas étonnée. Mais à voir le sourire du grand gaillard, j'ai l'impression que ça n'est pas une corvée majeure non plus que de l'écouter babiller.

Ca grandit....

Oreille supersonique

Bon.

On nous prévient toutes, à l'approche de la maternité, le sommeil change quand on a des enfants.

Et c'est vrai qu'on ne dort plus du même sommeil, l'oreille aux aguets. Toutefois, quand un certain rythme de croisière est atteint, il est possible de roupiller de nouveau, à peu près normalement.

Sauf que quand l'autre paire d'oreilles sur laquelle vous vous reposez n'est pas là, le module "je guette le moindre bruit" se réactive.

Pas plus mal, me direz-vous.

Sauf quand la chair de votre chair roupille du sommeil du juste, mais que le bébé d'en dessous, lui, se met à pleurer tous les quarts d'heure depuis 5 heures et des.

Et que vous vous réveillez, tendue comme une ficelle de string, prête à bondir et à pourvoir câlins, caresses, doliprane ou je ne sais quoi. Mais que non, c'est pas pour nous, le réveil.

D'ailleurs je dois dire que l'oreille supersonique de ma voisine du dessous doit être moins efficace que la mienne, vu qu'elle met un temps fou à émerger pour aller consoler les dents douloureuses (à vue d'oreille, ça ressemble à des pleurs de bébé qui fait ses dents, hein), de son enfant.

Ca ne serait pas si irritant si je n'étais pas en congés aujourd'hui, avec la perspective de dormir un peu plus longtemps avant d'emmener, pour une fois, ma fille dans sa classe et non au centre de loisirs.

Agaçant, donc.

Comme le enième réveil sous neige de l'hiver alors que j'en connais deux qui rissolent sous 30 degrés et un soleil estival.

Vivement la sieste... en espérant que le dermato réquisitionné pour venir à bout d'une éruption désagréable se magne le train pour régler son compte à ma peau !

Un travail de Titan

Je me suis attaquée à une tâche qui semble sans fin.

Me désinscrire de toutes les newsletters, mails promotionnels et autres pollutions plus ou moins sollicitées qui encombrent ma boîte.

Non seulement c'est chiant mais c'est sans fin, j'ai l'impression.

D'autant qu'à chaque désinscription je reçois, outre le message à l'écran, un mail qui me confirme ma désinscription.

Je crois que le monde marche sur la tête, en fait...

De la dépendance affective

Je racontais mes petits coups de blues dûs au manque de L'Amoureux à une copine-collègue qui se foutait un peu de moi, me disais que ses copines qui se retrouvent célib' pendant 15 jours, elles, étaient ravies.

Mais ouais mais non.

T'es dépendante, me dit-elle.

En fait, je me débrouille très bien toute seule, je mène la maison et ma vie de main de maîtresse femme, tout va bien. C'est juste du manque.

Non, t'es dépendante affective, corrige-t-elle.

Ben, c'est pas ça, l'amour ? La vie à deux ? Pouvoir vivre sans l'autre, mais n'en avoir pas envie ?

(Je ne sais pas s'il y a une réponse "vraie" à cette question. Mais en tout cas, c'est la mienne).

Amitiés enfantines et les mères qui suivent (comme elles peuvent)

Je vous racontais comment, l'autre jour, nous avions croisé une copine de classe de Cro-Mi dans le square et en avions profité pour l'inviter à jouer à la maison.

Nous avions convenu avec la maman qu'elle m'appellerait pour me dire si la grande séance serait samedi ou dimanche, ce qui fût fait, et j'ai ainsi fait des découvertes sur la topographie "vécue" de notre quartier.

Ainsi, lui donnant notre adresse et toutes les indications pour venir (elle peinait, alors qu'elle doit voir notre immeuble de sa fenêtre), la maman s'exclame : "Ah, c'est l'immeuble des propriétaires !".

Nous sommes donc connus comme un immeuble de propriétaires.

Je me suis bien gardée, toute surprise bue, de lui dire qu'il y avait aussi des locataires, que je connaissais des gens dans les tours jumelles de la sienne qui étaient eux aussi propriétaires, et qu'après tout, nous étions avant tout propriétaire d'un emprunt à la banque. Rien ne servait de charger la mule.

Sinon tout s'est bien passé, deux "croizans"qui jouent ensemble, c'est mignon mais épuisant, et les deux fillettes sont prêtes à recommencer à la moindre occasion.

La maman aussi, visiblement, puisqu'elle m'a dit qu'avec une fille elle avait l'impression (pas fausse, de ce que j'ai vu) d'en avoir dix !

L'achat douteux mais indispensable

La Chiboum's House s'est en quelques années transformée en multinationale.

Entre Mary Poppins qui est iranienne et Mrs Doubtfire, la femme de ménage, qui est ukrainienne, ça nous fait un joli panel pas du tout représentatif du plombier polonais, mais qui nous aide énormément dans la gestion du quotidien et à qui nous vouons une gratitude infinie. D'ailleurs, elles sont déclarées.

(C'est vrai, mais c'était pour rire, hein ?!).

Bon.

Le problème c'est que parfois, y a casse. Je soupçonne Mrs Doubtfire de détester mon fer à repasser. Pardon, ma centrale vapeur. Elle a commencé à ronchonner parce que le calcaire faisait des traces. J'ai détartré et lui ai suggérer de commencer par massacrer un torchon avant de s'attaquer au linge.

Quelques semaines après, je trouve une flaque d'eau sous le fer. J'éponge et puis j'oublie, comme dit la chanson.

Encore quelques temps après, Mrs Doubtfire me dit qu'elle a fait une bêtise, qu'elle a fait tomber le fer, qu'il fuit un peu mais qu'il marche encore.

Soit.

Vous pensez bien qu'avec ma passion pour le repassage, je ne me suis pas précipitée sur l'engin pour vérifier. Jusqu'à dimanche. Dimanche il fallait que je mettre une pièce thermocollante sur un jean. Je branche l'usine à gaz, fais chauffer, constate le vide du réservoir.

Je le remplis, me tourne pour vaquer deux minutes, me re retourne. Flaque. Ca pisse la flotte de partout.

Je me disais bien aussi qu'elle n'avait pas souvent le temps de faire son heure de repassage, ces dernières semaines.

Bien. Mrs Doubtfire est actuellement en Ukraine au chevet de son fils, et elle trouvera à son retour un magifique fer neuf acheté sur internet hier et livrable dans la semaine.

Un achat comme je les aime... beurk.

Vous avez une banane dans l'oreille

Vendredi matin, j'ai expérimenté un truc de oufs.

Suivant le bon adage du Docteur Zermati, j'essaie de manger quand j'ai faim et d'arrêter quand j'ai plus faim.

Ca a l'air frappé au coin du bon sens, mais c'est beaucoup plus compliqué qu'il n'en a l'air (surtout la deuxième partie, en fait !).

Donc, sortant de ma voiture, je sens un grognement dans mon estomac. Je sors de mon sac la banane prévue en cas de faim dans la matinée, l'épluche et commence à la manger sur la portion de la Défense qui me sépare de mon bureau.

Un instant j'ai cru être à Singapour (LVN, spéciale dédicace) tellement les regards étonnés, voire réprobateurs, m'ont suivie dans l'action masticatoire.

Rien à caguer, me direz-vous, et vous aurez raison, j'ai donc tranquillement fini ma banane, assez sûre quand même qu'il n'y a pas de loi contre le mangeage prohibé de banane sur la voie publique dans le 9-2.

Mais étrange sensation quand même. Ils n'ont jamais vu une banane, les gens ?

Arrivée au pied de mon truc à claustrophobes, en revanche, j'ai goûté le riant esprit anglo-saxon qui permet de "small talker" à propos de tout. Je jette ma peau de banane dans une poubelle prévue à cet effet, sous les yeux d'une (à l'oreille) améwicaine qui attendait le même ascenseur que moi. Qui rigole et me dit "vous avez waison, apwès on oublie et l'odeuw est howibeul".

On a bien ri. Non mais.

Par coeur

Tiens c'est drôle, le sujet est venu hier deux fois sur la e-table, alors bon. Je m'y colle.

J'ai toujours détesté le bête et méchant "par coeur". Je préfère comprendre comment les choses fonctionnent et savoir aller chercher l'info là où elle est plutôt que d'apprendre d'interminables listes de choses qui en deviennent parfois absurdes, vidées de sens.

Ca m'a bien sûr valu quelques déboires : scolarité bien plus moyenne que si j'avais vaincu ma paresse (heureusement la grammaire française m'est rentrée dedans comme par magie, j'aurais été nulle si j'avais eu l'impression de l'apprendre !). Jusqu'au stade où on fait de la recherche, où là, ça devient plus passionnant, et j'ai raccroché.

J'ai passé le code plusieurs fois, aussi.

Avec le recul, je comprends bien sûr le bien fondé d'avoir en tête des choses auxquelles on a plus besoin de penser, qui viennent naturellement, et qui allègent d'autant la compréhension, ou la façon d'aborder un sujet.

Mais tout de même... Ca me paraît souvent vouloir faire entrer de force des choses qu'on oubliera presque aussi vite.

De mon par coeur scolaire, je me souviens "oreillette, ventricule, artère", et puis souvent, plus les trucs mnémotechniques que ce qu'il fallait retenir en utilisant le procédé (J'ai mis Herbert en enfer, certes, mais Ca donnait quoi les préfixes en vrai allemand ).

Et vous, qu'est-ce qu'il vous reste, de vos par coeur ?

Edit : ça n'a rien à voir mais il fallait que je le dise. Hier matin j'entends à la radio que la grippe A, c'est fini, le danger est écarté, tout ça. Hier soir dans ma boîte au lettre : mon bon pour aller me faire vacciner. Ironie du sort ?

Des humeurs

Tiens, certaines ici ont remarqué que j'étais râleuse.

Ben oui, ça m'arrive.

Alors ce matin je cherchais désespérément quoi raconter qui ne soit pas une râlerie et j'ai eu du mal. Rien dans ce que je voyais ou entendais n'était de nature à accrocher un sourire sur mon visage.

Enfin ma fille, oui, mais bon, je ne suis pas que le reflet de ma fille, non plus.

Et le souvenir du départ hier soir avec des lambeaux de jour encore accrochés au ciel, mais j'ai déjà parlé de ça la semaine dernière.

Ronchon je suis donc. Avec le J-2 avant le départ de L'Amoureux et ce bourbier de monde qui nous accable, je ne voyais pas l'issue.

Puis.

Gyrophares sur la route. Tout le monde se tasse tant bien que mal pour faire de la place.

A son passage je regarde quels genres d'hommes pressés nous doublent ainsi.

Sur la voiture, en gros, était écrit ORGANES.

Chouette. Quelqu'un va avoir une chance de plus, quelque part.

Rouge, rouge et demi...

Ca fait quelques fois que je remarque ce nouveau (?) comportement routier, pas tous les jours mais assez pour le noter.

Un véhicule, souvent une voiture, s'arrête à un feu rouge, tout à fait normalement.

Et quand il considère, plus ou moins aidé par les feux adverses, si j'ose dire, que la voie est libre, il redémarre alors que le feu est TOUJOURS rouge, au moins encore pour quelques secondes, parfois longues.

Il passe à rouge et demi, si j'ose dire.

Ca m'horripile, les comportements de ce genre, qui clament haut et fort que la loi, c'est fait pour les autres, et que eux s'y plient juste à leur convenance.

Et s'il ne s'agissait que de la route...

Consternements et étincelles de vraie vie

Suis un peu consternée par les nouvelles ces jours-ci.

Les Haïtiens qui s'en prennent plein la gueule à chaque fois que l'histoire le permet. Mais du coup ça permet à la presse de donner des cours de constructions anti sismiques, genre "devenez ingénieur pour les Nuls".

Les journalistes qui ont fait le choix de l'imprudence et qui obligent, contraignent, les politiciens avertis qui les avaient pourtant prévenus à se sortir les doigts du cul pour aller les récupérer (plus je regarde Kouchner, plus il est profondément englouti dans le gouffre de mon mépris, tiens).

Mais bon. Y a pas de frite.

C'est ma nouvelle expression, directement offerte par l'avocat de Quick constatant que la cliente qui est tombée à cause d'une frite, donc, serait tombée sans frite, en fait.

"Anne, tu peux mettre ça en ligne ?"

"Ah non, y a pas de frite, là !"

"Anne, y a pas une info intéressante ces derniers jours, pour la conférence ?"

"Non, y a pas de frite".

Vous allez l'entendre, moi j'vous le dis.

Et puis sinon. Fou rire hier soir en voyant ma fille se moucher (très bien) mais qui prend tout l'élan qu'elle peut avec la tête avant de vider son royal nez dans l'impérial mouchoir en papier. Drôle, drôle, drôle.

Diplôme de meilleure maman de copine obtenu hier soir grâce aux cris de joie d'une petite amie de ma fille, croisée sur le chemin avec sa maman, invitée ce week-end à goûter et jouer, et à qui j'ai promis des cookies.

De la vraie joie pure.

Parfois je me demande si la chose politique ne passerait pas très légèrement à côté de l'essentiel, voyez-vous ?

A stocker d'urgence

Il faut que je stocke d'urgence de l'amour, de la tendresse, de la complicité, des fous rires.

Oui, d'urgence.

Et puis aussi de la patience pour Cro-Mignonne, que je charge les batteries de l'eeepc pour skyper avec, toutes les deux.

D'urgence.

Parce que samedi matin, L'Amoureux part dans le pays de ses origines, arpenter quelques pistes inconnues, avec des copains.

Pendant deux semaines.

Oui, vous avez bien lu : deux semaines.

Alors entendons-nous bien : je suis ravie pour lui. Pour sa tête, son coeur, et ses carnets de voyageurs, je crois que ce voyage est attendu, presque nécessaire.

Mais nous, ses gonzesses, on risque d'avoir un peu le blues, les deux semaines à l'attendre.

Autant dire qu'on comptera, et pas qu'un peu, sur vos mots doux...

Opt out

L'Amoureux et moi sommes les heureux propriétaires d'un véhicule récent.

Par récent, j'entends : va avoir quatre ans dans quelques jours.

Depuis le mois de décembre, nous croulons sous les offres de réduction d'à peu près toutes les enseignes habilitées à faire passer à notre automobile son premier contrôle technique.

Au premier courrier, envoyé par mon assureur qui me fait bénéficier, grâce à tous les avantages liés à ma présence parmi ses clients, d'une réduction, je me suis dit : "Ah, c'est bien, j'aurais sans doute oublié la date".

Mais aux nombreux suivants je tique. Car si tout le monde est au courant que c'est bientôt la date, ce n'est pas moi qui les en ai informés.

De là deux pistes.

Soit mon assureur a vendu ses fichiers. C'est peu probable dans la mesure où il affiche lui-même un partenariat. De plus, il m'écrit à moi toute seule, alors que les autres courriers sont adressés à MonsieurL'AmoureuxMademoiselleChiboum, comme sur la carte grise.

Soit la Préfecture a vendu ses fichiers. Comme l'adressage sus-mentionné m'y fait fortement penser.

Or, je n'ai aucun souvenir d'avoir autorisé la Préfecture à disposer de mes données personnelles, fûssent-elles celles de notre automobile. Il ne me semble pas avoir vu, sur le formulaire de demande d'établissement d'une carte grise, une case à cocher autorisant pareille pratique.

Je ronchonne sur le principe.

Ce n'est pas bien de procéder ainsi, et que la Préfecture, s'il s'avère que c'est elle qui est à l'origine de la fuite, devrait plutôt, ce me semble, donner l'exemple en terme de protection des données. Mais bon, il ne s'agit que de voitures et d'un peu de pub.

Là où ça m'angoisse, c'est... et si j'étais sans papier, ou dans une situation délicate, que j'avais fait confiance à l'Etat représenté par sa Préfecture pour confier un dossier, et que ces derniers fassent preuve de la même légèreté.

Hein ? Et si ?...

EDIT : ici un lien vers le site de la CNIL avec un topo sur le fichier central des automobiles. Il semble donc qu'on ait "loupé" la mention, mais je ne vois pas les prestataires de contrôles techniques dans le liste des gens y ayant accès... ahem...

Je cite :

"Les informations (sauf celles précédées de *) sont communiquées aux constructeurs et importateurs agréés par le Ministre chargé de l’Industrie et aux services de police et de gendarmerie. Le droit d’accès et de rectification (loi du 08.01.1978 relative à l’informatique aux fichiers et aux libertés) s’exerce soit auprès du service compétent du Ministre de l’Intérieur concernant les cyclomoteurs, soit auprès du Préfet du département concernant tout autre véhicule, soit auprès du Ministre chargé des Transports."

Fierté immense

Je ne sais même plus depuis combien de temps j'aime les mots.

Sans doute depuis presque toujours. Oui, si j'en juge par le propre amour de ma fille pour ces petits signes qui racontent des histoires, depuis presque toujours.

Alors quand je l'ai vue faire, avec un peu d'aide...

Puis que j'ai constaté que chaque panneau, chaque page, même la télé, lui donnaient l'occasion de reconnaître certains signes...

Quand je l'ai vue, petit à petit, insister pour "raconter" elle-même son histoire du soir, de plus en plus souvent...

Et quand on m'a dit hier qu'elle, seule avec une autre de sa classe, savait écrire son prénom...

J'ai été immensément fière d'elle.

Et surtout heureuse du chemin qu'elle se promet avec les mots. Ceux qui la font rêver, qui l'emmèneront loin du monde quand elle en ressentira le besoin, la ramèneront à la réalité, quand elle en aura envie.

Ma fille sait reconnaître et écrire son prénom.

Quelle belle entrée dans le monde de l'écrit pour une poussinette de trois ans et demi.

Est-ce moi ou bien ?

J'ai été interpelée ces derniers temps par des communications autour d'une application pour Iphone (oui, je m'éclate avec mon jouet neuf, merci !) appelée Ipilule.

L'idée étant de vous envoyer à vous, madame, mademoiselle, contraceptée à la pilule, un sms quotidien pour éviter les oublis.

La première fois, j'en entends parler dans une revue de presse citant un magazine féminin extatique devant la bonne idée.

Ah oui ? Mais pourquoi se mettre un rappel quotidien pour le même effet, gratuit et inclus dans les fonctionnalités de l'engin ?

Certes, 79 centimes d'euros, ce n'est pas une fortune, mais payer un gadget pour ce que sait déjà faire un téléphone, euh...

La deuxième fois, c'était dans Libé qui revenait sur les mauvaises performances commerciales de cette application, revenant sur le fait que l'immense majorité des programmes développés pour le téléphone ne rapporteraient jamais d'argent.

Certes mais je nuance. Un gadget dit utilitaire, il faut qu'il serve à quelque chose. Or, j'en reviens toujours là, il me semble que l'idée de départ était une fausse bonne idée. Ou une vraie mauvaise.

La plupart des utilisatrices ont, me semble-t-il, déjà trouvé une solution gratuite et pas chiante à leurs oublis. Et pour les autres, il me semble qu'un changement de contraception plutôt que l'achat d'un gadget qui ne les mets pas à l'abri d'oublier... leur téléphone serait beaucoup plus indiqué !

Des gains en forme de joie pure dans les yeux

Je gagne rarement des choses. Mais quand ça se produit, ça me plaît, généralement.

Il y a quelques années, j'avais eu droit à une offre d'essai chez Glo*wria, ça m'avait enthousiasmé, comme service. A part le prix. Mais comme c'était gratuit pendant un mois...

Fin novembre, j'ai reçu dans ma boîte une belle invitation pour venir retirer un passeport francilien gratuit dans le parc de la souris aux grandes oreilles.

J'avoue avoir lu toutes les petites lignes en me demandant comment j'avais bien pu mériter ça, vu que je n'avais aucun souvenir d'avoir joué pour.

Enfin.

Quelques jours après une vente à prix remisée a permis à L'Amoureux d'acquérir un passeport annuel également, ainsi qu'un gratuit pour notre fille.

Youplaboum.

Et puis la varicelle étant ce qu'elle est, je me suis dit que le mien, j'allais passer la date, tout ça. C'était sans compter sur la motivation de L'Amoureux, qui nous a engouffrées hier dans la voiture direction : Le Parc de La Souris Aux Grandes Oreilles.

J'essaie de ma la jouer un peu blasée sur le sujet. Que d'un le père de la souris n'était pas trop recommandable, que de deux c'est vraiment du marketing destiné à nous pousser à une consommation honteuse, touça.

Et puis au bout de 10 minutes (et en étant entrée sans débourser le moindre centime, plaisir transgressif total), j'ai les pieds qui tapotent au rythme de la musique.

Quand je vois, dans les yeux de ma fille, des paillettes de joie à la vue d'un spectacle, de la parade, d'un manège...

Suis heureuse, tout simplement.

C'était chouette ! (De là à dire qu'on va y passer l'année, peut-être pas, mais bon, deux trois fois peut-être ?)

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